Il est plus aisé de la faire que de la connaître. À certaine mesure basse, on la peut juger par les préceptes et par art. Mais la bonne, l’excessive, la divine est au-dessus des règles et de la raison. Quiconque en discerne la beauté d’une vue ferme et rassise, il ne la voit pas, non plus que la splendeur d’un éclair. Elle ne pratique [séduit] point notre jugement ; elle le ravit et ravage; […] Dès ma première enfance, la poésie a eu cela, de me transpercer et transporter. — Michel de Montaigne, Essais, I, 37

Montaigne, Essais, I, 37

Montaigne et la poésie, Essais, I, 37
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